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La présidence argentine, une histoire de famille
date: 27-10-2007 à 13:36
interieur
Cristina Fernandez favorite pour succéder lors de la présidentielle de dimanche à son mari Nestor Kirchner. Changement dans la continuité pour des Argentins désenchantés.
Dimanche les Argentins élisent leur président pour les quatre prochaines années. Les électeurs, en plus des députés, choisissent leur gouverneur dans certaines provinces comme celle de Buenos Aires qui représente 40 % des habitants du pays. Un véritable casse-tête à l’heure d’entrer dans l’isoloir : les partis sont dispersés en alliances de circonstance ne tenant pas compte des couleurs politiques selon qu’on se place à l’échelon national, provincial ou local.
L’enjeu du scrutin apparaît comme le changement dans la continuité, avec la candidature de la sénatrice et épouse du président Nestor Kirchner, Cristina Fernandez. Il en va à peine différemment, avec des nuances dans le discours sinon dans la manière, chez les autres « grands » candidats. Il convient de noter que presque tous, hormis Elisa Carrió, candidate de centre gauche soutenue par le Parti socialiste et l’ultralibéral Ricardo Lopez Murphy, sont issus de la mouvance péroniste, qu’il s’agisse de l’ex-ministre des Finances Roberto Lavagna, allié avec les radicaux, traditionnels adversaires du péronisme, de Jorge Sobisch ou d’Alberto Rodriguez Sa, frère d’Adolfo président intérimaire en 2001 qu’appuie Carlos Menem, le président qui, entre 1989 et 1999, conduisit une politique de privatisations sauvages débouchant sur la crise de 2001-2002.
la sécurité, priorité des argentins
Le changement de candidat à la tête du Front pour la victoire créé par Nestor Kir- chner peut surprendre. Mais le discours plus conciliateur de Cristina Fernandez semble avoir dicté le choix et les adversaires du président au sein du Parti justicialiste (PJ) péroniste le soupçonnent de vouloir en prendre le commandement pour le mettre au service de la Maison rose, le palais présidentiel. Voilà pour les manoeuvres de la machine la plus puissante d’Argentine.
Au-delà de la politique politicienne, la campagne aura produit peu d’idées neuves sur le plan économique et social. Les Argentins s’en sont désintéressés, préférant vibrer aux exploits des Pumas en Coupe du monde de rugby. Le thème central s’est concentré sur ce qui apparaît dans les enquêtes comme le principal souci des Argentins : la sécurité. La violence a crû de manière exponentielle avec près de 3 000 homicides annuels, comme les rapts contre rançon, les agressions et la consommation de crack, le « paco », dans les quartiers populaires et les bidonvilles, les « villas ». Mais, toutes les solutions de « main dure » ont à ce jour échoué, la corruption au sein de la police y jouant un rôle non négligeable.
Le deuxième sujet d’inquiétude demeure l’inflation. Officiellement de 5,6 % depuis janvier, elle s’élèverait à 15 %, voire 20 % selon des instituts indépendants. Le gouvernement en la matière a joué sur les chiffres, se séparant également de fonctionnaires ayant dénoncé les irrégularités.
La crise énergétique ne laisse pas de préoccuper : YPF, contrôlé par l’espagnol Repsol, n’ayant pas réalisé forages et investissements nécessaires, il ne resterait que huit ans de réserves de pétrole. L’Argentine dépend de plus en plus des alliés stratégiques que sont la Bolivie et le Venezuela malgré les différences idéologiques.
des partis de gauche en ordre dispersé
Dans ce marasme, les partis de gauche se présentent en ordre dispersé avec union à la carte et sans espoir d’envoyer de représentants au Congrès. Les propositions sociales sont
venues de ce côté de l’échi-quier, mais on sent chez nombre d’électeurs une volonté de reconduire la formule présidentielle qui, si elle n’a pas accompli toutes ses promesses, a assuré une for- me de stabilité appréciée après les convulsions de 2001-2002. Certes, le chômage total ou partiel affecte plus de 20 % de la population active, sans oublier la permanence de la pauvreté qui, bien qu’ayant diminué demeure, avec 25 % de la population affectée, préoccu
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