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Inflation polémique
date: 26-02-2007 à 15:11
interne
Officiellement, l´indice du taux d´inflation pour le mois de janvier en Argentine s´est établi à 1,2 %. Rien d´exceptionnel, a priori, dans cette statistique. Et pourtant sa publication, jeudi 22 février, a provoqué une vive polémique à Buenos Aires. Des techniciens de l´Institut national des statistiques (Indec), de nombreux économistes et des représentants de l´opposition sont convaincus que le chiffre de progression des prix est en réalité bien supérieur et marque l´échec des pouvoirs publics dans leur lutte contre l´inflation.
Ils accusent le gouvernement péroniste de Nestor Kirchner de manipuler les statistiques en pleine année électorale, à huit mois de la présidentielle, au cours de laquelle le chef de l´Etat entend briguer un second mandat.
Le 29 janvier, M. Kirchner a limogé la directrice chargée du calcul de l´indice des prix aux consommateurs au sein de l´Indec, Graciela Bevacqua, désignée par concours, pour la remplacer par Beatriz Paglieri, proche du secrétaire du commerce intérieur, Guillermo Moreno. Il s´agissait de modifier certaines méthodes de calcul, selon le gouvernement. Cette intervention directe au sein d´un organisme respecté en Argentine comme à l´étranger a suscité l´indignation de dizaines d´employés de l´Indec, qui sont descendus dans la rue pour manifester. Un document, signé par 214 économistes, la plupart critiques de la politique officielle, circule sur Internet, exprimant "une profonde inquiétude pour la qualité technique des statistiques, leur transparence et leur crédibilité".
La préoccupation aurait même gagné Wall Street, selon la correspondante à New York du quotidien à grand tirage Clarin, qui cite des investisseurs américains inquiets de "l´absence de sécurité juridique et de règles du jeu transparentes en Argentine". "Nous n´allons pas nous laisser porter préjudice", a déclaré la ministre de l´économie, Felisa Miceli, qui a accusé le "petit" nombre de techniciens rebelles de l´Indec de répondre à des "intérêts politiques".
Les problèmes de Mme Bevacqua remontent à octobre 2006, quand les travaux de l´Indec ont commencé à montrer que l´inflation pourrait dépasser les prévisions du gouvernement. Depuis son arrivée au pouvoir en 2003, M. Kirchner a déclaré la guerre à l´inflation, menaçant les commerçants qui augmentaient leurs prix et exhortant les consommateurs à boycotter certains produits.
Le taux d´inflation en 2006 a été officiellement de 9,8 %, un chiffre déjà perçu comme exagérément optimiste par les consommateurs, qui constatent de régulières hausses des prix. Les prévisions pour janvier n´étaient pas favorables à cause des fêtes de fin d´année et des hausses des prix des services touristiques en plein été austral. Elles dépassaient les 2 %. (Le Monde)
Il est donc évident que les règles du jeu ne sont pas claires. Si on se réfère aux statistiques de l´Indec, l´inflation depuis 2003 s´élève à 35%. Ce taux élevé d´inflation ne serait pourtant pas si inquiétant si on le nuançait avec la dévaluation de la monnaie, et le contrecoup inflationniste qui a suivi.
Cependant, d´après nos propres données, on s´aperçoit que ce taux est bien loin de la vérité. On relève notamment :
-Loyer : + 80 %
-Transport urbain: + 70 %
-Transport Interurbain : + 35 %
-Transport Aérien : + 40 %
-Viandes de boeuf: +120 %
-Fruits et légumes : + 80 %
-Combustibles : + 35 %
Comme on peut le voir, l´inflation réelle est bien au-delà de 35 %, et se situerait plutôt aux alentours de 65% soit presque le double du chiffre officiel.
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